Le réseau des jardins partagés de la côte basque

La côte basque a changé. Nous le voyons tous les jours, les embouteillages sur le BAB, les immeubles qui poussent vite, le goudron remplace souvent l’herbe.
Face à cette urbanisation, on peut baisser les bras … deux femmes ont choisi de planter des graines. Charlotte Mulet et Elise Tinel partageaient pourtant la même envie, l’envie de ramener la vie sauvage en ville. En 2018, elles ont fondé l’association Bio Divers Cite à Biarritz. Leur constat était simple : la nature recule, il faut agir. Pas avec de grands discours mais avec des pelles, binettes et des semences.

Leur projet n’est pas de transformer chaque citadin en paysan autonome. Non. Le but est tout autre. Il s’agit de faire découvrir, d’apprendre,  de faire progresser chacun à son rythme. C’est une école à ciel ouvert où l’erreur est permise et où la récolte est un bonus.
L’objectif principal est de recréer un lien. Un lien entre l’homme et la terre mais aussi un lien entre voisins.

La rencontre avec Charlotte

J’ai passé un moment avec Charlotte Mulet. Elle est la coordinatrice des projets de végétalisation urbaine et des jardins partagés. C’est aussi la co-fondatrice de l’association. Elle fait de la pédagogie au quotidien. Elle explique aux élus, aux riverains, aux enfants, pourquoi un bout de terre est vital. 

L’entendre parler est captivant. Elle ne te vend pas du rêve. Elle te parle de racines, de compost, de vers de terre. Elle te parle des défis de notre époque avec des mots simples. Pour elle, un jardin partagé n’est pas juste un carré de tomates. C’est un acte citoyen. C’est une façon de reprendre le contrôle sur son alimentation, même à petite échelle. 

Lors de notre échange, elle a insisté sur un point précis : venir aux jardins partagés, ce n’est pas pour atteindre l’autonomie alimentaire totale. C’est impossible sur de si petites surfaces en ville. L’idée, c’est avant tout de découvrir, de s’initier et de partager.

Dans un monde de plus en plus individualiste, ces moments de rencontre entre amoureux de la nature et simples curieux sont essentiels. Pour les tempéraments sensibles, ce lien humain est une véritable autre forme de nourriture qui donne du baume au cœur.

C’est aussi un remède puissant au sentiment d’impuissance et à l’éco-anxiété que beaucoup d’entre nous traversent. Jardiner, c’est reprendre le pouvoir de manière concrète : les plantes que l’on aide à pousser ou les abris que l’on installe ont un impact direct et visible sur la biodiversité. Se rendre utile ainsi, avec ses mains et en plein air, ça fait un bien fou.

Le réseau des jardins

Anglet, Bayonne et Biarritz et prochainement Bidart, il existe douze lieux avec chacun une structure différente. Mais on retrouve souvent une organisation similaire :

D’abord, il y a les parcelles individuelles. C’est le petit domaine privé. Tu y plantes ce que tu veux. Tu gères ton eau, tes semis, tes récoltes. C’est l’endroit parfait pour tester. Tu veux essayer de faire pousser des radis noirs ? Tu y vas. Tu as envie de planter des fleurs comestibles ? C’est ton choix. Cet espace te responsabilise.

Ensuite, il y a l’espace commun. On peut par exemple y cultiver les herbes aromatiques, des fleurs…

Enfin, l’association garde toujours une place pour la transmission. L’espace pour les écoles est vital. Les enfants d’aujourd’hui vivent souvent déconnectés de la nature. Ils pensent parfois que les légumes poussent dans les rayons des supermarchés. Les faire venir au jardin change tout. Ils touchent la terre humide. Ils observent les vers de terre sans dégoût. Ils plantent une graine et reviennent la voir germer.

Sortir du poireau et de la patate

Quand on commence le potager, on fait souvent la même chose. On plante ce qu’on connait. La patate, le poireau. La tomate. C’est rassurant. L’idée est d’ouvrir les horizons.

Le jardinage est une aventure, alors pourquoi se limiter ? Le climat du Pays basque permet des cultures variées. Nous avons de la pluie en hiver. Nous avons un soleil franc en été. La proximité de l’océan adoucit les températures. C’est un terrain de jeu parfait.

Le réseau met l’accent sur la découverte des plantes endémiques. Ce sont les plantes qui poussent naturellement ici : elles sont adaptées à nos sols argileux ou sableux, résistent à nos vents marins et supportent l’humidité de nos hivers. Cultiver ces espèces présente un double avantage : d’une part, elles demandent moins d’entretien et d’eau ; d’autre part, elles nourrissent la faune locale. Les abeilles sauvages de la région ont besoin des fleurs de la région. C’est un cycle logique.

Pour celles et ceux qui aiment jardiner en solo chez eux, mais qui sont curieux d’approfondir leurs connaissances en permaculture ou en plantes médicinales, le réseau propose des solutions concrètes.

Une formation complète en permaculture sur 10 sessions vient tout juste de débuter et il est encore possible de rejoindre le groupe ! Pour ceux qui ont un emploi du temps plus serré, des formations thématiques sur des week-ends sont également organisées tout au long de l’année.

Vous retrouverez tous les détails et les modalités d’inscription ici : https://www.biodiverscite.fr/formations-adultes/

L’art de l’association de plantes

L’autre grande leçon du réseau, c’est l’association de plantes. Dans un champ classique, on aligne la même culture sur des mètres. Dans la nature, cela n’existe pas. La biodiversité mélange tout. C’est une stratégie douce. On n’utilise pas de produits chimiques. On utilise l’intelligence du vivant, c’est une découverte fascinante pour le débutant.

Il s’agit de mélanger des techniques nouvelles avec des techniques très anciennes. Nos grands-parents paillaient déjà le sol. Le mot « permaculture » fait parfois peur. On imagine un concept abstrait, réservé aux experts ou aux poètes. L’association Bio Divers Cite démonte ce mythe; l’initiation à la permaculture se fait en douceur.

L’implication et le bénévolat

Tu peux explorer la carte interactive des douze jardins pour trouver celui qui est le plus proche de chez toi. Elle est disponible directement sur leur site : https://www.biodiverscite.fr/reseau-de-bio-divers-cite/

Ce réseau repose sur la bonne volonté L’association cherche constamment des bras. Être adhérent, c’est bien. Devenir bénévole, c’est encore mieux.

Les missions sont variées. Tu n’es pas obligé d’avoir la main verte. Tu es bricoleur ? L’équipe a besoin de toi pour réparer le cabanon, fabriquer des nichoirs ou entretenir les outils. Tu es à l’aise avec un ordinateur ? Ils ont besoin d’aide pour la communication. Tu as un regard naturaliste ? Viens aider à réaliser les inventaires de la faune.

Chaque talent trouve sa place au jardin. C’est cette diversité de profils qui fait la richesse du collectif…

https://www.biodiverscite.fr/
https://www.instagram.com/bio_divers_cite/
https://www.facebook.com/BioDiversCite

Pour les contacter par e-mail : [email protected]

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