L’exposition « Mythologies – Raconter le monde » vient de s’installer au musée Bonnat-Helleu, et elle bouscule pas mal de clichés. C’est le genre de visite qui vous attrape dès les premières secondes. Le calme des lieux invite à ralentir. On coupe son téléphone, on prend son temps, on ouvre grand les yeux et on se laisse embarquer dans un vrai voyage à travers le temps.

Pourquoi chercher des monstres et des héros ?
On a toujours eu besoin de se rassurer face au vide. L’exposition explique très bien pourquoi les mythes existent. Ce ne sont pas juste de vieilles histoires pour endormir les enfants. Ces récits sont nés d’un besoin viscéral d’expliquer ce qui nous échappe. Comment le monde s’est formé, pourquoi la mort existe, comment trouver du courage. Croire en une force divine ou un héros donnait un cadre et aidait les peuples à avancer.


Des invités de très grand prestige
Pour nous raconter tout cela, l’événement a sorti le grand jeu. Le musée du Louvre a prêté entre quarante et soixante œuvres majeures venues de sept de ses départements. On y trouve notamment des antiquités égyptiennes, grecques et orientales. Le musée du quai Branly a aussi envoyé plus de vingt pièces illustrant les croyances d’Afrique, d’Océanie et des Amériques. De son côté, le musée des Augustins de Toulouse a participé au projet en confiant une sculpture romane. Avoir toutes ces pièces historiques à deux pas de chez nous est une vraie chance.



Un monde, une seule histoire
Ce qui surprend en parcourant les salles, c’est de voir à quel point les civilisations partagent un tronc commun. Les commissaires montrent que les humains, qu’ils vivent au Japon, en Mésopotamie ou au Mexique, ont construit les mêmes matrices narratives. Tout le monde a son histoire de déluge destructeur ou de création à partir d’un océan d’origine. C’est fascinant de réaliser que la psychologie humaine répond aux mêmes peurs avec les mêmes structures, peu importe le continent.


L’exposition replace nos croyances aquitaines et basques au centre de ce jeu mondial. Fini le simple folklore. Nos Nos créatures légendaires regardent les Titans grecs les yeux dans les yeux. On y voit par exemple le chamanisme lié à la peau d’ours de nos carnavals mis en parallèle avec un masque japonais. Ou encore la fameuse sculpture romane pyrénéenne opposée au grand dieu aztèque Quetzalcoatl prêté par le quai Branly. Nos mythes retrouvent toute leur profondeur.

Les mythes sont bien vivants
Ne croyez pas que tout cela prend la poussière. Les mythes sont encore très actifs aujourd’hui. Le parcours prouve qu’ils irriguent le cinéma, les jeux vidéo et la culture populaire. Les commissaires ont eu la bonne idée de confronter Hercule au célèbre catcheur mexicain El Santo. Avec son masque argenté, le lutteur devient un héros intouchable sur son ring, tout comme le demi-dieu antique. On découvre aussi des masques contemporains créés en 2026 par l’artiste Owantshoozi, preuve que la mythologie basque continue de s’écrire au présent.

En pratique
L’exposition dure jusqu’au 9 novembre 2026.
J’ai laissé la voiture au parking gratuit de la Floride. Il faut compter 20 minutes de marche en longeant la Nive. C’est une balade très agréable et le musée vous attend ensuite au 5 rue Jacques Laffitte. Avec l’argent économisé sur le stationnement, vous pourrez tranquillement aller prendre un bon goûter dans les rues de Bayonne après la visite 😉
Le billet complet coûte entre 10 et 14 euros selon la saison, mais l’entrée est gratuite pour les jeunes jusqu’à 17 ans inclus.