Dormir dans une cidrerie du seizième siècle

La Tolosaldea, c’est le Gipuzkoa qui prend son temps. Une vallée verte, des fermes accrochées aux pentes, des villages qui vivent encore au rythme des saisons. Ici, le temps se rallonge et les écrans s’oublient tout seuls. Pas de grand programme. On vient pour marcher, dormir dans une bâtisse chargée d’histoire, et repartir avec de bons souvenirs.

Réveil à Lizolagoiena

On dort chez Lizolagoiena, un caserío du seizième siècle qui servait autrefois de pressoir à cidre. Les propriétaires l’ont retapé eux-mêmes, avec du goût. Résultat : une maison rurale chaleureuse où le moderne et l’ancien se mélangent bien, des meubles chinés, une déco qui a du caractère sans en faire trop. On sent que rien n’est posé au hasard.

Ce qui frappe surtout, c’est le rapport qu’ils ont avec leur ferme. Les animaux (chevaux, moutons, poules) sont soignés comme des membres de la famille, pas comme un décor pour touristes. Même chose pour le potager, cultivé en bio. On sent des gens qui vivent vraiment de et avec leur terre, pas juste des hôtes qui louent des chambres.

Détail qu’on n’attendait pas : le sentier qui passe devant la maison, le Muskerraren bidea, le chemin du lézard, est celui qu’a imaginé Bernardo Atxaga dans son roman Obabakoak. Le territoire littéraire du livre a son centre ici, à deux pas du gîte.

Pour réserver, ça se passe sur Nekatur, la plateforme des hébergements ruraux du Pays Basque sud. Le réseau regroupe plusieurs centaines de maisons, fermes et gîtes disséminés dans toute la région, chacun tenu par des familles du coin plutôt que par des sociétés de gestion. Chaque maison y est validée selon une charte de tourisme durable du gouvernement basque, un vrai gage de sérieux et de respect du territoire. Réserver en direct sur Nekatur, c’est aussi éviter la commission des grandes plateformes et faire vivre plus directement les gens qui t’accueillent. Vous pouvez réserver l’hébergement Lizolagoiena sur le site de Nekatur.

La légende de Santa Marina

En redescendant vers le village, un crochet par l’ermita de Santa Marina s’impose. Le bâtiment date d’au moins 1558. Sous l’autel, un petit trou dans la pierre. La coutume voulait qu’on y glisse la tête en récitant un Credo pour chasser les mauvais rêves, l’amets gaiztoa en basque. Les mères y amenaient aussi leurs enfants qui faisaient des cauchemars. Chaque 18 juillet, le village y célèbre encore une romería.

Une virée dans le centre d’Asteasu

Asteasu se parcourt en un quart d’heure, mais on prend le temps. L’église et son fronton occupent le coeur du bourg, entourés de maisons en pierre et de balcons fleuris. On pousse jusqu’à la place, souvent calme, où quelques habitués discutent sur un banc. Pour le repas, Iturriondo Jatetxea, rue Nagusia, sert une cuisine familiale simple et généreuse, viandes de qualité, poisson frais, desserts maison.

Le Hernio depuis Iturriotz

Direction le parking d’Iturriotz, ancienne venta où Ignace de Loyola aurait dormi une nuit en 1535. Le sentier grimpe dans la forêt, longe un ruisseau, puis débouche sur un plateau de pierres et de pâturages. On file vers le col de Zelatun, puis vers le Gazume avant l’ascension finale, plus raide, jusqu’au sommet du Hernio, 1078 mètres. Compte environ 9 km et 4 heures pour la boucle complète. Par temps clair, la vue va jusqu’à la côte.

Tolosa, une ville à part

À vingt minutes de route, Tolosa mérite plus qu’un crochet. On lui a déjà consacré tout un article sur le blog, tellement il y a à dire. La vieille ville gothique se balade facilement à pied, entre façades anciennes, arcades et venelles qui débouchent sur l’Oria. Le samedi matin, direction le marché, un des plus vieux et des plus vivants du Gipuzkoa, pour flâner entre les étals. Le soir, on enchaîne les bars à pintxos du centre, un verre de txakoli à la main. Pour finir en douceur, une pâtisserie s’impose : tejas, cigarrillos et xaxu à emporter ou à déguster sur place.

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