Pays Basque 2050, une invitation à rêver notre futur

L’homme moderne a un peu perdu sa faculté de projection. On a souvent la tête dans le guidon, pris par les factures, le travail et les soucis immédiats. On subit le quotidien plus qu’on ne pense l’avenir. Pourtant, imaginer demain est la première étape indispensable pour le construire. C’est exactement pour réveiller cette capacité que l’exposition Pays Basque 2050 s’est installée dans les locaux de la pépinière d’entreprises Olatu à Anglet.

Redécouvrir nos paysages familiers

Dès que tu entres dans la salle, ton regard est immédiatement attiré par la galerie des futurs possibles. C’est franchement saisissant. Tu te retrouves face à des endroits que tu connais par cœur et que tu pratiques sans doute tous les jours. Imagine un peu la zone commerciale d’Ametzondo, les quais de la Nive à Bayonne ou encore le port d’Hendaye, mais totalement métamorphosés. Grâce à des visuels générés par intelligence artificielle, on découvre ces lieux sous un jour nouveau, où le béton laisse place à la régénération et au vivant.

Ce qui donne autant de force à ces images, c’est qu’elles ne sortent pas de nulle part. C’est le fruit d’une belle intelligence collective et d’un travail engagé bien en amont. Des ateliers ont été organisés pour réunir autour de la même table des habitants, des professionnels et des experts locaux. Loin de partir d’une page blanche pour délirer sur un futur impossible, ils ont travaillé directement à partir du réel. Ils ont pris en compte les contraintes actuelles, les atouts et les défis de notre quotidien pour construire ensemble des scénarios qui tiennent la route. C’est ce mélange des genres qui permet d’aboutir à des solutions concrètes et réalisables. On est loin de la science-fiction déconnectée, on est chez nous, dans un futur proche et on s’y sent bien. 

Le reste de la visite permet de creuser le sujet. Tu découvriras par exemple une grande carte illustrée qui offre une vue d’ensemble du territoire en 2050. C’est idéal pour situer les projets et comprendre la logique globale. L’exposition s’intéresse aussi à notre quotidien professionnel avec toute une partie dédiée aux nouveaux métiers. On y parle de professions à visée régénérative, celles qui consisteront demain à réparer et entretenir le vivant. C’est inspirant et ça donne des idées concrètes sur la place que chacun pourrait occuper dans cette société en mutation.

L’optimisme comme une arme

On entend souvent des discours catastrophistes qui finissent par nous paralyser. Ici, on prend le contrepied total. L’ambition est de soigner notre écoanxiété par l’action et l’imagination. Attention, on ne parle pas d’un optimisme béat ou naïf. Benoît Dandine et l’association Communauté Open Lande s’appuient sur la science et l’observation du vivant. Le message est clair : la nature est notre meilleure alliée si on lui laisse la place. Voir ces projections visuelles fait un bien fou. Elles prouvent que des avenirs désirables sont possibles et accessibles si on change un peu nos lunettes. Ça donne envie de s’y mettre plutôt que de baisser les bras.

Cette expo n’est pas faite pour être consommée passivement. Elle t’invite à reprendre la main. Au-delà de la simple observation, le moment fort arrive souvent à la fin du parcours. Les visiteurs se retrouvent dans un espace central baptisé l’Agora. C’est le lieu idéal pour que les langues se délient. On y débat, on échange ses impressions et on confronte ses points de vue sur ces visions du futur. C’est une expérience qui se vit pleinement, que tu viennes seul ou en famille.

Ça dure deux heures environ, c’est gratuit et ouvert à tous, mais il y a une petite règle à respecter : il faut impérativement prendre rendez-vous avant de venir. Tout se passe directement sur le site internet de la Communauté Open Lande.

Une exposition qui va voyager

L’autre bonne nouvelle, c’est que ce projet ne va pas rester figé entre quatre murs et rangé dans un placard par la suite. L’idée est de faire circuler ces réflexions au plus près des jeunes générations. L’exposition a vocation à s’inviter dans les classes des écoles du territoire. C’est génial de penser que les élèves, qui sont les premiers concernés par 2050, pourront s’emparer de ces sujets directement dans leur établissement. C’est une initiative vivante qui va continuer à grandir et à essaimer un peu partout au Pays basque.

D’ailleurs, les élections arrivent à grands pas. J’espère sincèrement que les candidats et futurs décideurs iront chercher des idées dans ce travail qui a été réalisé. Ce serait dommage de se priver d’une telle mine d’or pour construire les programmes de demain.

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