STREET ART ABSTRAIT

Au fil du temps, les mouvements artistiques se rencontrent, s’influencent et parfois la fusion des deux peut créer un nouvel univers.  Le Street Art, issu du Graffiti s’est très vite confronté à l’Art Abstrait qui , par définition est un Art qui ne cherche pas à représenter le visible. C’est donc un Art dit non-figuratif. Le choc de ses deux monde va donner naissance au Street Art abstrait, mélange de codes et de techniques appartenant au style Urbain transposées au genre abstrait.

©SDJ – L’artiste Futura 2000 réalisant une fresque sur un mur historique à New-York qui figure à l’angle de Bowery et Houston dans le quartier de Soho. Le « Bowery Wall » a été rendu célèbre par Keith Harring et a aussi accueilli les oeuvres de Kenny Scharf, Retna ou encore Ron English. (Source : The Hundreds)

Le Street Art ou Art Urbain est un mouvement artistique. Ce terme regroupe les artistes de rue qui utilisent l’affiche, le sticker, le pochoir, la peinture, la mosaïque, les installations ou encore l’animation dans l’espace urbain.

©SDJ – Futura 2000 devant son oeuvre achevée sur le « Bowery Wall » à New-York (Source : The Hundreds)

Ces artistes ont en commun une activité (illégale ou non) d’interventions urbaines. La principale distinction avec le graffiti « traditionnel »  est que les street-artistes n’ont pas systématiquement recours à la lettre (comme c’est le cas dans le writing américain) et à l’outil aérosol.

ABSTRACT STREET ART I EXPOSITION COLLECTIVE

Le but de cette exposition est de proposer un tour d’horizon de l’abstrait dans le Street Art à travers le travail de 8 artistes. Parmi eux, JonOne et Futura, légendes du graffiti des premières heures aux États-Unis. On retrouve ces deux artistes, parmi d’autres dans « Subway Art », le livre de Martha Cooper, qui retrace la genèse du mouvement Graffiti. À l’affiche de l’exposition figurent aussi des artistes mondialement connus tels que Augustine Kofie (US), MadC (GE), Tanc, LX.One Lek et Sowat pour la France. Chacun a développé un style qui lui est propre et ouvre une dimension de réflexion artistique supplémentaire.

Le « Freestyle » I JonOne

JonOne est un artiste qui vit et travaille à Paris, il est né en 1963 à New-York. Son vrai nom est John Andrew Perello de son vrai nom, a fondé le groupe 156 All Starz  en 1984, après avoir débuté, à l’âge de 17 ans dans le monde du Graffiti grâce à son ami d’enfance White Man.

 

JonOne 

Influencé par le mouvement, la couleur et l’énergie, JonOne se démarque des autres graffeurs qui réalisent des œuvres figuratives en exécutant des œuvres abstraites. Autodidacte, JonOne commence à peindre sur toile en 1985 car elle offre la possibilité de laisser une empreinte dans le temps. La même année, le galeriste Rick Libbrizzi l’expose à New York. Il s’installe à Paris en 1987, où il investit l’Hôpital éphémère, squat établi dans l’Hôpital Bretonneau, de 1990 à 1995. C’est ici qu’il fera la rencontre de Sharp, Ash, JayOne et Skki et A-One.

 

JonOne en pleine conception à la soirée entreprise Gecina, organisée par Anamorphose, au 55 rue de Montmartre (Paris)

Graffuturisme I Augustine Kofie

Le Graffuturisme est une contraction de Graffiti et Futurisme. Il offre une vision alternative du graffiti, plus ouverte à d’autres formes de créations et d’inspirations dans un mouvement qui était jusqu’alors très codifié.

Augustine Kofie

Kofie possède un style vintage / futuriste et représente un membre éminent du Graffuturisme. Né en 1973 à Los Angeles, il est autodidacte et fera d’abord ses armes sur les murs de sa ville natale.
Primordiale, la structure de son travail se base sur un dialogue entre l’architecture, les formes typographiques, l’iconographie des années 60, la musique contemporaine et le Street Art. Il construit ses collages et assemblages par couches superposées au cours d’un long processus de développement.

Écriture Automatique I Tanc

L’écriture automatique est un procédé hérité du courant littéraire surréaliste qui permet de s’affranchir de tout contrôle exercé par la conscience et la volonté. Sans le contrôle de la raison émergent l’essence urbaine de l’artiste qui le traduit par l’abstrait dans une symphonie colorée et puissante.

Tanc

 

Tanc est un artiste français multi-facettes. Il aussi compositeur de musique électronique, dessinateur et Graffeur. Son nom d’artiste vient de son prénom Tancrède, né en 1979 à Paris. Ce qui fait de lui un artiste original c’est son étude basée sur le trait, qui privilégie la spontanéité. L’oeuvre naît alors de l’instant et du mouvement qui l’habite. Une partie de son approche s’appuie aussi sur la calligraphie .

 

Op Art I LX.One

Op art, ou art optique, est une expression utilisée pour décrire certaines pratiques et recherches artistiques faites à partir des années 1960, et qui exploitent la faillibilité de l’œil à travers des illusions ou des jeux optiques. Les œuvres d’op art sont essentiellement abstraites. Les pièces donnent l’impression de mouvement, d’éclat de lumière et de vibration ou de mouvements alternés. Ces sollicitations visuelles placent le corps du spectateur en situation instable, entre plaisir et déplaisir, plongé dans une sensation de vertige proche de certains états d’ivresse légère.

LX.One

« Toute forme est une base pour la couleur, chaque couleur est l’attribut d’une forme. » – Victor Vasarely

LX.ONE explore le pixel, le plus petit , il cherche à atteindre la base de la forme, le skelette des couleurs. Il disserte autour du chant de la géométrie : le bruit des formes, un système de tensions de l’espace libre, une réponse à l’Architecture, l’Urbanisme et le Design. Suivant la tradition du Graffiti, il nous donne une illusion plastique en 3D qui porte à confusion. Son style attaque la vision, ses volumes dont on ne capte pas l’origine dans l’image sont le fruit d’une ambiguïté cultivée de la forme elle-même. 

 

MADC

MadC (née Claudia Walde en 1980 à Bautzen) est une artiste du graffiti allemand. MadC commença son parcours artistique en tant que graffeuse à l’époque de son adolescence. Elle a étudié à l’université d’Halle l’Art et de Design « Burg Giebichenstein » et à Londres au « Central Saint Martins College » ; elle en est ressortie avec un master en conception graphique. Une de ses œuvres majeures, qui lui a permis d’être reconnue internationalement en 2010, est le mur connu comme le “700-Wall” : ce mur de 639m², malgré son nom, s’étend le long d’une ligne ferroviaire entre Berlin et Halle. Cette fresque est très certainement la plus grande réalisée à ce jour par une seule personne, et elle fut réalisée sur une période de 4 mois.

 

SOWAT

SOWAT est né en 1978 à Marseille. D’origine Franco-Américaine, il a commencé à peindre à l’adolescence, dans les rues, les terrains vagues et le long des voix ferrées de Marseille. Inspiré par le Cholo Writing et les travaux de Chaz Bojorquez, il écrit avec Gris ‘La France d’en Bas’ (Editions Alternatives, 2003), livre retraçant l’émergence de la culture Graffiti dans le sud de la France. Membre du collectif Da Mental Vaporz (Dran, Bom.k…), il parsème ses calligraphies abstraites sur les fresques monumentales et expositions avec son crew aux quatre coins du globe (Australie, Allemagne, Angleterre, Danemark…). Parallèlement, Sowat développe un travail de vidéo expérimentale qui trouve son aboutissement avec les films « Mausolée « et « Tracés Directs » réalisés aux côtés de Lek.

 

LEK

LEK est né en 1971 à Paris. Il grandit à quelques pas du mythique terrain de ‘Stalingrad’, Mecque du Graffiti Européen des années 80. C’est un membre des Da Mental Vaporz, French Kiss, LCA, GNS, RAW, 1984. Au coté des membres du groupe LCA, il passe les années 90 à s’émanciper des canons traditionnels du Graffiti New Yorkais, infusant son travail d’influences Bauhaus, d’abstraction et de Futurisme. 

Alors qu’il quitte progressivement la rue pour travailler exclusivement dans les friches industrielles abandonnées, Lek devient l’un des pionniers de ce qui est aujourd’hui connu sous le nom d’Exploration Urbaine, sillonnant perpétuellement la banlieue parisienne à la recherche de nouveaux terrains de jeux.

 

Le vernissage de l’exposition « Abstract Street Art » c’est ce soir à partir de 18h30 à Spacejunk Bayonne, 35 Rue Sainte-Catherine ! (Entrée Libre) Et si vous voulez en apprendre plus sur les artistes de l’exposition vous pouvez également participer gratuitement aux visites commentées organisées les samedis 5 mai et 2 juin à 17h30.