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Un piment chargé d'histoire
Les Basques et la navigation De tous temps les basques ont exploré les mers et océans. En 768 des bateaux basques atteignent les îles Féroé. Vers 1206, c'est la création de la Société des Navires de Bayonne. En 1300 les marins basques répandent en Europe le gouvernail d' étambot, timon" à la bayonnaise" ou "à la navarresque", celui-ci remplace la rame gouvernail et apporte fiabilité et sécurité à la navigation. En 1412, vingt navires, du quartier maritime de Bayonne, sont en Ecosse et en Irlande. Selon un mémoire de 1710 des archives de St Jean de Luz, les basques découvrent Terre-Neuve en 1392, vraisemblablement à la poursuite de la morue. Ils s'y installent en 1505. Embarqués avec Christophe Colomb ils arrivèrent aux "Indes" en 1492. La Niña appartenait à Juan De La Cosa natif de Santoña et avait été construite à Lequeitio près de San Sébastien. Jean de Lakotza, compagnon de Ch.Colomb dessine la première carte du Nouveau Monde. El Kano Juan Sebastian, natif de Guetaria en Guipuzcoa, second de Magellan réalise le premier le tour de monde en 1522, suite au décès de son capitaine aux Philippines qu'ils venaient de découvrir. Sur les cinq navires et deux cent trente neuf hommes partis en 1519, il en revint vingt et un hommes et un navire, la Victoire, dont la charge d'épices suffit à payer toute la campagne. La Victoire parvient à Séville le 6 septembre 1522. En 1535, les Basques sont au Canada et au Spitzberg. Et en 1542, les corsaires basques défendent le Vénézuela dont Henri IV tente de faire une colonie, et Alonso de Souza se plaint de :" trois ou quatre navires basques, maîtres de la mer du Mexique…".
Les grandes découvertes furent rendues possibles par les progrès accomplis dans l'art de la navigation en haute mer : gouvernail d'étambot, invention de l'astrolabe nautique, construction d'un navire léger et rapide, la caravelle.
Leur principale cause fut sans doute la nécessité pour l'économie européenne, alors en pleine expansion, de rechercher les matières premières (épices, or), dont elle avait besoin. Il fallait, pour cela, contourner l'Empire Ottoman, qui contrôlait le commerce terrestre vers les Indes, et trouver de nouvelles routes maritimes. Vasco de Gama, navigateur portugais se voit confier en 1497, par le roi du Portugal, la direction d'une grande expédition maritime devant ouvrir la route directe vers les terres orientales, productrices d'épices, dont le commerce est alors aux mains des marchands arabes et vénitiens. Le piment brise un monopole : celui des épices venues d'Orient. Ce proche cousin de la tomate a tout de suite fait l'unanimité, il a révolutionné les saveurs culinaires d'Europe, d'Afrique et même d'Asie. La consommation du piment, immédiatement bien perçu en Europe, se répandit rapidement à partir du Portugal, à tel point que les négociants de poivre fortement concurrencés, tentèrent de réprimer ce commerce florissant. En l'espace d'un siècle, le piment va se répandre dans le monde entier. A la suite de Gonzalo Fernandez de Ovidio qui fit en 1526 la première description du piment, les navigateurs de la conquête espagnole rapportèrent la très grande variabilité de formes, de couleurs et de parfums des piments consommés par les Indiens. Grâce à leur comptoirs, les portugais ont répandu des piments du Brésil en Afrique et en Inde où les plantes se sont si bien acclimatées que l'on a cru le piment originaire de ces pays. En 1548, le piment est connu en Angleterre, dans le sud de l'Italie à peu près à la même époque, et en Hongrie 20 ans plus tard.
La fête du piment est issue d’un contexte culturel particulièrement riche à Espelette entre 1965 et 1970 : de nombreuses associations sont créées à cette époque dans le courant des idées lancées par Lucien Halty, secrétaire de mairie, Pierre Harignodorquy, curé de la paroisse, et Auguste Darraïdou, maire.
Ainsi Ezpela, la fameuse association de danses basques, le syndicat d’initiative, l’association sportive des jeunes d’Espelette et l’association Napurrak de force basque sont venues insuffler à ce village un véritable renouveau culturel.
C’est dans cet élan que le syndicat d’initiative lance en septembre 1967 une fête baptisée « La fête du piment », en hommage au fruit typique du village, mais sans autre intention que de faire une petite fête comme on les aime tant au Pays Basque : messe avec la clique, suivie d’un apéritif concert, repas chacun chez soi, partie de pelote et bal. 300 personnes participent à cette première fête du piment ! En 1968, la mort d’Auguste Darraïdou en septembre fit décaler la fête du piment à la fin du mois d’octobre.
A partir de cette année 68, la fête du Piment d’Espelette devint une véritable institution, un rite vécu à date fixe, le troisième dimanche d’octobre, et elle a pris d’année en année de l’ampleur, puisqu’ elle accueille aujourd’hui environ 20 000 personnes. Le piment et la santé Si tous les pays chauds font un usage abondant du piment en raison de ses propriétés excitantes, il constitue, à dose modérée, outre un condiment agréable et utile, un excellent remède. Bases de vitamines A; le piment contient un taux important de vitamines C, il se classe juste après le persil. Pauvres en sodium, en calories, sans cholestérol et contribuant à une bonne protection contre les accidents cardiaques, les piments ont aussi la particularité d'accélérer le métabolisme. On estime que 6 g de piments peuvent " brûler" en trois heures près de 45 k cal. Considéré par les homéopathes comme un médicament de grande valeur, il est aussi utilisé en allopathie et en phytothérapie. Les indiens d'Amérique Latine, considèrent aussi le piment comme un médicament. Selon la tradition il fait transpirer, élimine les toxines, régule la température du corps et chasse les moustiques. Un dicton du 18e siècle dit : "Piment, appétit l'excite, vents les dissipent, esprit le réveille, digestion et transpiration les excitent". L'utilisation culinaire de la poudre passe pour prévenir les troubles urinaires et les problèmes de prostate, contrairement au poivre qui les provoque. Il y a peu de temps encore, le piment entrait dans la pharmacopée domestique des Ezpeletars. Après une journée de travail fatiguante, lors d'un "rhume de cerveau" ou d'une bronchite, un bain de pieds chaud additionné d'une poignée de poudre ou de morceaux de piments simplement séchés au soleil, "ça tire", "ça fait descendre le sang". Jusqu'aux joyeux fêtards louisianais qui se transmettent un petit secret : un mélange de jus de citron vert et de tabasco, souverain pour guérir les "gueules de bois". Les meilleurs "antidotes", au caractère piquant du piment, sont les produits laitiers (yaourt, lait, crème glacée) ou encore le pain ou le riz qui neutralisent la saveur âcre et brûlante de la capsicine. |





Produit traditionnellement cultivé dans cette région du Pays Basque depuis des temps très anciens. Il était séché en guirlandes suspendues sous les avants toits, habillant ainsi d'un rouge éclatant les murs blancs des fermes basques.

