LE PAYS BASQUE DE THIERRY BISCARY

Thierry_BiscaryThierry Biscary est l’un de ces enfants du pays qui, par son engagement artistique, contribue à la transmission et au renouveau d’une certaine culture basque. Il a de multiples talents : chanteur, percussionniste (txalaparta, pandereta, cajon),  il est aussi touche à tout dans les styles musicaux : musique traditionnelle basque bien sûr, revendiquée comme une musique vivante et surtout pas figée, mais aussi musique classique.

C’est cet amour du classique qui l’a d’ailleurs paradoxalement propulsé sur le devant de la scène pop récemment : ami avec les sœurs Labèque, qui ont contribué à la naissance de l’une de ses formations, le trio Kalakan, et joue avec lui le boléro de Ravel depuis 3 ans, il rencontre l’année dernière Madonna sur la côte basque. Les soeurs Labèque, amies de longue date de la star, demandent au trio de jouer pour son anniversaire, elle a un coup de cœur et invite nos trois basques à New York pour une semaine d’atelier artistique. La semaine est fructueuse, et contre toute attente, tant leurs univers sont différents, Madonna décide d’intégrer Kalakan à sa tournée mondiale qui prendra fin en 2013.

Mais on aurait tort de réduire l’homme à cette aventure certes palpitante : Thierry Biscary est avant tout un curieux, amoureux de la culture basque et qui cherche à la faire vivre et la transmettre au plus grand nombre.

Son portrait du pays basque est à son image : passionnant et surprenant.

Si vous deviez résumer votre pays basque en 3 mots ?
Lurra, izan, geroa (terre, être, futur).

Fermez les yeux… quel est le son qui vous vient à l’esprit quand on vous dit « pays basque » ?
C’est plus qu’un simple son, ce qui me vient, c’est le chant… celui qui m’a été transmis par des membres de ma famille, mon grand père maternel, mon père… et aussi, celui que j’ai eu la chance de pouvoir pratiquer avec les membres des divers groupes dans lesquels j’ai joué depuis presque 20 ans, ou beaucoup plus récemment avec Maddi Oihenart, Jamixel Bereau et Xan Errotabehere.

L’image ?
Les martinets et les hirondelles voletant au dessus des rangées de foins faites par mon père, en juin.

Le goût ?
Du vin, de l’eau et du sucre servi par mon voisin d’enfance, Battitta.

Qu’est-ce qui vous éloigne du pays basque ?
La passion que j’ai choisi d’assumer pour en faire ma profession

Qu’est-ce qui vous y ramène ?
Tout.

Quel est l’endroit le plus lointain/inattendu où vous avez trouvé une trace du pays basque ?
Un lauburu sur un meuble au Sri Lanka.

Depuis, j’ai fait la connaissance de Claude Labat qui m’a donné de nombreuses clés de compréhension de cette terre que j’affectionne et qui me passionne. J’ai d’ailleurs suivi une formation raconteur de pays, l’an passé. Si le métier de musicien ne marche pas, ma reconversion est toute trouvée.

Votre plus belle découverte au pays basque ?
La vue depuis les crêtes d’Iparla à Baigorri.

Votre plus belle balade au pays basque ?
En 2 jours, monter à Munhoa, juste en face de chez moi, et poursuivre sur la ligne de crêtes jusqu’à Ibañeta. Faire une halte puis redescendre par l’ancienne voie romaine, actuel chemin de St Jacques et prendre les chemins de traverse jusqu’à Anhauze depuis Donibane Garazi.

Votre plus beau souvenir ?
Paradoxalement, il ne se situe pas au Pays Basque. Cependant, je garde un souvenir ému de mes premières fêtes d’Iruña avec ma cousine.

L’endroit du pays basque qu’il vous reste à découvrir ?
« Voyager près de chez soi », c’est la manière de voyager que je pratique le plus régulièrement possible mais je n’aurai certainement pas assez d’une vie pour découvrir tous les endroits qu’il me reste à découvrir.

Votre restaurant préféré ?
Le col de Gamia à Duzunaritze (un midi, le menu dégustation préparé par la super équipe de mon cousin Bubu), Le Labourd à Uztaritze (à tout heure, les tapas et, les yeux fermés, n’importe quel poisson cuisiné par Pelot), le Moulin d’Alotz à Arrangoitze (un cadre idéal pour faire tomber l’élu(e) de son cœur, sans oublier de déguster le foie gras de Benoit, un petit peu relevé, comme j’aime), Olhabidea à Sara (en soirée, juste se laisser aller à la surprise du menu concocté par Guillaume et servi avec délicatesse par Jean).

Votre épicerie ou producteur local préféré ?
Ramuntxo Lako, maraîcher bio à Heleta (marché dans sa ferme tous les jeudi soirs).

Votre lieu de vie diurne préféré ?
Les rues du quartier historique de n’importe quelle ville d’hegoalde : Bilbo, Iruña, Donosti, Deba, Lekeitio…

Votre lieu de vie nocturne préféré ?
Je ne suis pas vraiment un oiseau de nuit mais j’aime bien marcher la nuit, le long des plages d’Angelu entre la Barre et la Chambre d’Amour.

Votre boutique préférée ?
La librairie Kukuxka à Donibane Garazi, pour y faire des cadeaux et surtout y refaire le monde avec Patxiku Uranga.

Votre créateur/créatrice préféré(e) au pays basque ?
Deux musiciens de grand talent : Kristof Hiriart et sa compagnie musicale Lagunarte et Jean Marc Halsouet Perugorria « Xano ».

Votre coup de coeur ?
Le groupe Basaldunak composé de porteurs de sonnailles et grelots de mon village.
L’énergie de ce groupe est vivifiante.

La question qu’on ne vous a pas posée et à laquelle vous auriez aimé répondre ?
Quel a été le plus grand tournant de votre vie au Pays Basque ? Découvrir grâce à une « sorgin » que je peux choisir ma vie à chaque instant.

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