SURF SUR LA COTE BASQUE
Les reefs du sud : les plus grosses vagues françaises, et peut-être d’Europe ! Convertir en PDF Version imprimable
anglet vvfSi l’été, beaucoup de surfers de la Côte Basque se concentrent sur les beachbreaks d’Anglet, voire des Landes, la tendance s’inverse quand les grosses houles saturent ces mêmes beachbreaks et que la nécessité de ne pas trop bouffer sur les grosses séries favorise le surf de reefbreaks où passer la barre demande moins d’efforts.

Les reefs de la Côte Basque jalonnent un petit bout de littoral, de 15 à 20 kms de long et commencent à Bidart même si certains spots comme la Mouscariette à la Côte des Basques, le Pipe du Pavillon Royal où le phare au VVF d’Anglet sont des reefs tout à fait patentés mais d’une rareté déconcertante !

La concentration de prétendants à la vague sur la plage de Bidart Centre en hiver peut être massive. Les plages environnantes étant galères pour l’accès et/ou à checker, la grosse majorité des Bidartais descend le mini-boulevard récemment aménagé. Ambiance de parking garantie, le Bidarteko surf-club assure une bonne partie de l’animation hors-saison, surmonté d’un resto à la vista aussi appétissante que sa carte : la Tantina de la Playa. D’ici à l’Ouhabia, on surfe surtout les petits swells ces reefs ensablés qui certaines années, à certains marées peuvent donner des bijoux de perfection. Les habitués : les Portet, Loïc Erran, es Ildefonse, Rudy Etcheberry, Romain Gilles et l’indéboulonnable Xabi Lafitte.

guethary parlementiaQuand ça commence à rentrer gras, comme ça peut arriver des semaines d’affilée en hiver, il suffit juste de traverser l’Ouhabia au niveau de la RN10. L’impression visuelle depuis le pont est trompeuse sur la taille de la houle, attendez de prendre de la hauteur pour évaluer la houle. C’est pas pour rien que certains s’arrêtent à la chapelle de Parlementia, le premier checkpoint de Guéthary, avant de prendre la descente du Bahia Beach.
Quand Parlementia marche, c’est un point d’effervescence agréable avec douche, WC et galères de parking quand ça bouchonne. Attention à ne pas se garer trop près du local MNS, la fourrière passe de temps en temps quand les services municipaux ne peuvent pas faire demi-tour. Ceux qui se sont garés à la terrasse de Guéthary, l’épicentre du surf hivernal basque, remontent le chemin pour se changer en passant devant l’Urkirola surfclub.
De bon matin, vous croiserez Fred Langeraert en train de shooter la photo du Surf report et les checkers matinaux et shooters de gros : Christophe Reinhart, Gibus de Soultrait, les Frères Bérard, Philippe Couchot, Pilou Ducalme, Yann Kazandjian, Stéphane Iralour, François Lartigau, Antony et Isabelle, Jérôme Blanco le Kneeboarder, le pilote …ainsi que la foule des autres gunners / longboarders qui astiquent les reefs de Guéthary avec assiduité.
 
La question consiste à résoudre les questions suivantes : quel est le moment idéal de marée et quelle planche faut-il prendre ? Avant d’aborder les problèmes annexes : wax eau froide, grand leash, chaussons / gants / cagoules ou pas ?
Ceux qui habitent près viennent à vide et les autres avec le quiver solidement arrimé sur le toit pour ceux qui n’ont pas investi dans un van.
Après la session, la mission consiste à sécher sa combi le plus rapidement possible, y’a même un certain Olive qui possède 2 sèche-cheveux pour préparer un néoprène sec et chaud ! Précisons quand même que nombre de surfers réguliers ont bien sûr 2 intégrales d’hiver, un luxe plus qu’indispensable quand il s’agit de se faire un « King of the Day » au petit matin et que mettre une combi mouillée glaciale s’apparente à une torture digne de la Gestapo. L’après surf se limite au Bar Basque (sauf le mercredi), à l’Hétéroclito (vendredi et Samedi) ou au Madrid.

L’autre point chaud des Guethariars est la digue des Alcyons quand le reef du même nom, le spot le plus convoité de la Côte Basque, se met à envoyer ses gauches magiques, mais souvent trop rares…. Quand le soleil est de la partie, nombreux sont ceux qui lézardent là avec une étrange proximité avec les surfers des « Als » et une distance et un angle rares sur les shooters de Parlementia.
Quant aux challengers d’Avalanche, ils varient entre une poignée et deux douzaines avec un temps de rame de 20 minutes vers les méga gauches. Ici, les 9pieds voire plus grand, font autorité mais la place au pic, comme sur les autres reefs, se mérite par l’expérience, l’engagement et le respect du puissant Océan. Attention, le parcours initiatique du nouveau venu risque d'être chahuté pour celui qui chercherai à s'imposer trop rapidement ! Sachant que les vagues ont le dernier mot et l'excès de confiance peut se payer cher ! Et attention aux marmites, ces tourbillons rageurs véritables signatures des reefs basques.

lafiteniaC'est à Lafiténia qu'on rencontre la plus grande densité de ces sables mouvants de la vague, qui,  ajoutés à une marche au pic rend le take-off plus qu'aléatoire. Non seulement les marmites font peur mais elles créent une instabilité de surface, carrément casse-gueule pour quiconque voudrait y planter un rail ou des dérives.

Mais avant d’arriver aux vagues luziennes, ce serait dommage d’oublier Cenitz où beaucoup de débutants et habitués se donnaient rendez-vous sur son sympathique parking verdoyant. Mais depuis que le chantier de la nouvelle station d’épuration a commencé en Mai 2003, rien ne va plus : on ne peux plus se garer que dans la descente de l’Ostatua, la machine à creuser a balancé de gros rochers dans la gauche et fait ressurgir des mois d’accumulation de marée noire. Attention au Beyrouth Basque !
Le parking aménagé de Lafiténia est bien sûr le 2ème point chaud hivernal où se mêlent  locaux luziens et étrangers, longboarders et bodyboarders, Quik boyz & girls et autres chanceux de l’industrie qui ont plus de facilité à surfer l’hiver…Ceux qui sont pressés se garent tout en bas, quand la chaîne est décadenacée, mais attention, la pente avoisine les 20%, caisses pourries et camping-car trop lourds s’abstenir ! Il n’est pas rare d’avoir 40 gars à l’eau, soyez patients ! Bien sûr, les Luziens ont d’autres vagues et la droite de Ste-Barbe devient un rendez-vous incontournable quand ça envoie gras.
 
Attention : take-off Hawaiien et la digue étant désormais interdite d’accés à cause de la falaise qui s’écroule, ici comme ailleurs, la rame depuis la baie de St-Jean peut en calmer plus d’un. Le « Chicken Surf Club » lui préfère la reforme des Flots Bleus où viennent aussi funboarders et kiteboarders quand les vents de sud bastonnent. Autre gros point de ralliement du CSC : les vagues de Socoa à la Bougie quand la houle est énorme.

hendayeMaintenant que Belharra Perdun est rentré dans les annales du gigasurf, il y a fort à parier que les surfers vont plus souvent faire le détour de la Corniche pour voir si ça rentre et si les jetskis tractent les minisurfers dans les maxivagues.  Ne serait-ce que ceux qui filent à Hendaye pour trouver des vagues surfables quelles que soient les conditions…et donc surtout les écoles de surf avec leurs stagiaires en lycra et planches de couleurs ainsi que les Espagnols qui ont l’habitude de traverser la « frontière ».
Remiser Hendaye au rang de vague de SNI serait une erreur, son surfclub, d’où part une webcam, est un vivier de champions comme Simon Marchand, scrupuleusement entretenu par  Eric Termeau, qui se font les bras et les rollers non seulement dans la baie mais aussi aux Deux Jumeaux, la droite la plus fantôme de la Côte et la plus austère au canard mais quand ça marche…

Antony « yep » COLAS