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Une maison verte, des fondations à la toiture, conjugue plusieurs caractéristiques. D’une part, les matériaux qui la composent ne doivent pas avoir d’impact négatif sur la santé humaine ni sur la nature. D’autre part, son équipement doit permettre un recours maximum aux énergies renouvelables et une gestion raisonnée de l’eau et des déchets ménagers. Construire écologique implique un raisonnement d'ensemble afin d’intégrer la maison dans son environnement. L’architecture bioclimatique s’appuie ainsi sur un ensemble de règles simples qui permettent de profiter des bienfaits de la nature de façon passive. Il suffit notamment de tirer parti du terrain en profitant d’une haie ou d’un talus protecteur contre les vents dominants. Lors de la construction, privilégiez la façade sud qui doit être largement ouverte car c’est elle qui reçoit le plus de soleil en hiver. À l’inverse, il faut concevoir des espaces tampons (garage, buanderie) vers le nord pour se protéger du froid et prévoir une bonne isolation du toit. Creusez également un puits canadien. Celui-ci consiste à faire passer, avant qu'il ne pénètre dans la maison, une partie de l'air neuf de renouvellement par des tuyaux enterrés dans le sol, à une profondeur de l'ordre de 1 à 2 mètres. En hiver, le sol à cette profondeur est plus chaud que la température extérieure ; en été c’est l’inverse. L’air est donc tempéré avant d’entrer dans le logement. Enfin la forme de la bâtisse doit aussi entrer en ligne de compte car des volumes compacts limitent les déperditions d'énergie. Une maison bioclimatique n’a pas besoin d’être rafraîchie en été et consomme trois fois moins d’énergie qu’une maison ordinaire. Choisissez les matériaux « bio » Les matériaux écologiques n’ont rien à envier à leurs alter ego classiques du point de vue de l’efficacité et de la solidité. Pour le gros œuvre, pensez au bois qui permet toutes les fantaisies architecturales et possède des qualités techniques remarquables. Il est naturellement isolant, parfaitement sain et étonnamment résistant. Ne soyez pas anxieux ! Les maisons en bois traversent les siècles et contrairement à ce qu’on pourrait craindre, ce matériau est très résistant au feu car il brûle lentement sans transmettre sa chaleur aux parties voisines et sans dégager de fumée toxique. Pour l'isolation thermique et phonique, il existe de nouveaux produits respectueux de l'environnement : laine de chanvre, de lin, et de mouton, cellulose à base de papier recyclé ou encore panneaux de bois agglomérés. Autre produit, le monomur (terre cuite et thermopierre) est en passe de révolutionner le monde de la construction « bio ». Il s’agit de briques de terre cuite alvéolées de grandes dimensions dont la structure décuple les qualités isolantes et offre une grande inertie thermique. Elles gardent la chaleur l’hiver et la fraîcheur l’été, et ne nécessitent aucune isolation supplémentaire. Une maison autosuffisante Pas question dès lors de céder aux énergies fossiles. C’est le moment de poser de grands capteurs solaires pour assurer les besoins en eau chaude sanitaire et couvrir une grande partie du chauffage via un plancher adapté. Installez également des cellules photovoltaïques pour pourvoir au moins partiellement à la consommation électrique de la maison. Si votre région est exposée aux vents, pensez à vous équiper d’une éolienne. Une chaudière d’appoint au bois associée à d’autres énergies, gaz ou géothermie, permettra de réguler le confort intérieur. À l’extérieur, prévoyez une citerne raccordée à une gouttière pour arroser votre jardin ou pour un usage domestique (lave-linge, WC). En moyenne, la capacité de récupération d’eau de pluie s’élève à 1 m3 par mètre carré de toiture. Il suffit de recueillir l’eau, de la filtrer puis de la stocker dans une cuve. Un nouveau filtrage est installé à la sortie de la pompe. Pour une utilisation en eau potable, un système de traitement par osmose inverse ou microfiltration doit être installé. Il fournit une eau parfaitement pure. Une citerne de 10 m3 permet de subvenir aux besoins d’une famille de quatre personnes. Le prix de l’installation complète s’échelonne entre 3 500 et 5 000 euros pour les grands modèles enterrés et équipés. Il va de soi qu’en construction, une maison bio coûte environ 10 à 20 % plus cher qu'une maison traditionnelle, mais son prix est rapidement amorti à l’usage. |