Gai, gai, unissons-nous ! Convertir en PDF Version imprimable

 Heureux les couples en France, car le mariage et le pacte civil de solidarité (PACS) y sont florissants. Tour d’horizon chiffré des différentes façons de concevoir son couple

 

Les Cassandre qui prédisaient la fin du mariage en seront pour leurs frais. Après avoir enregistré une baisse régulière depuis 2001, le mariage se stabilise. Ainsi, l’Institut national d’études démographiques (INED) annonce, pour 2005, en France métropolitaine, le chiffre provisoire de 271 600 mariages. Voilà qui place le millésime dans une fourchette très honorable comprise entre les 254 651 unions de 1995 et le record de l’an 2000 de 297 922 mariages enregistrés par l’état civil...

Parallèlement le PACS confirme son succès en passant de 6 139 déclarations en 1999, année de sa création à 59 837 en 2005 !

Pour autant, les esprits chagrins ne manqueront pas de relever que le mariage séduisait un contingent d’environ 15 % de couples en plus dans les années 60. Mais force est de constater que les mentalités ont profondément changé et que le rapport au mariage n’est plus le même. Les couples se marient plus tard, à environ 30,8 ans pour l’homme et 28,8 pour la femme, légitimant ainsi une union souvent plus ancienne et parfois un ou plusieurs enfants. Le mariage est également corrélé aux études. Formation longue oblige, on remet à plus tard le passage devant monsieur le maire.

 

Une union, des enjeux

Le mariage avait autrefois une fonction de rite de passage, de transition vers l'âge adulte avec, à la clef, la capacité à s’assumer seul et une sexualité permise. Les mariés du XXIe siècle n’ont pas attendu l’autorisation pour vivre librement. Dès lors, le mariage n’est plus une fin en soi mais plutôt le couronnement d’une union à laquelle on n’hésite moins à mettre un terme. Car, les séparations sont devenues le lieu commun des mariages. L’INED estime que 42,5 % des mariages se concluent par un divorce. Or ce pourcentage qui atteignait déjà 38,2 % en 1995 n’était que d’environ 10 % dans les années 70. C’est d’ailleurs à cette période charnière que l’on a vu disparaître la « puissance paternelle » au profit de « l'autorité parentale » et apparaître la diffusion des contraceptifs chimiques donnant à la femme voix au chapitre en ce qui concerne les enfants et, par extension, le mariage.

Notons toutefois que l’accroissement du nombre de divorces offre une conséquence plutôt heureuse puisque les divorcés prononçant de nouveau des vœux - civils cette fois - sont de plus en plus nombreux.

Aujourd’hui, les trois modes de vie de couple, union libre, PACS et mariage, cohabitent en paix, mais parfois le mariage s’impose pour des raisons purement pratiques. C’est le cas des mariages mixtes qui représentent désormais 15,7 % des unions célébrées en France, et qui délivrent de fait la nationalité française. L’acquisition d’un bien immobilier ou la création d’une entreprise pèsent aussi dans la décision de se marier avec, à la clef, le contrat de mariage. Bercy joue également un rôle majeur avec une fiscalité plus attractive pour les couples mariés ! Bref, il n’y a pas que l’amour qui conduit les mariés à Cythère.

 

Contrat en bonne et due forme

Autre voie légale d’officialisation du couple, le PACS a connu un fort développement depuis 1999 avec un bond de 50 % du nombre de contrats conclus sur l’ensemble du territoire en 2005. Là encore, Bercy a agi comme un philtre d’amour ! En effet, alors que l’imposition commune des deux partenaires n’était possible qu’à partir de la troisième année du PACS, la loi de finances 2005 l’a rendue effective dès son enregistrement. Grand champion toute catégorie du PACS, Paris compte deux fois plus de pacsés que le reste de la France. En effet, le taux de personnes unies par contrat est plus élevé dans les zones urbaines liées à un pôle universitaire important. Seul le Nord Pas-de-Calais fait exception à la règle en cumulant les facteurs favorables, mais sans que le PACS n’enregistre une vraie croissance. Il n’empêche que les choses changent. Ainsi, autre changement notable, depuis l’origine les PACS étaient, la plupart du temps, enregistrés aux premier et quatrième trimestres. Or, ils rejoignent désormais la saison des mariages, soit les second et troisième trimestres avec une part croissante de festivités. Enfin, mariage et PACS présentent un autre point commun, en matière de rupture cette fois. Celles-ci sont de plus en plus nombreuses et le nombre de contrats dissout atteint 13,1 % en 2005. Mariage et PACS, même combat !

 
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